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[visuel-news]
28-05-2026
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La chronique de Gérard-Georges Lemaire |
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| Chronique d'un bibliomane mélancolique |
 Femme oiseau étoile - Le Roman d'Hilma, Véronique Le Normand, Actes Sud, 224 p., 21 euro.
Jusqu'à présent, Véronique Le Normand, auteur encore jeune mais prolifique, a surtout traité des sujets contemporains, avec une inclinaison à une exploration de nature sociologique. Comme dans Si on rentrait, par exemple. Cette fois, elle a choisi de traiter d'une toute autre question : la biographie d'une artiste suédoise très connue dans son pats, Hilma Al Klint (1862-1944) à laquelle est consacrée une exposition rétrospective en ce moment à Paris. L'auteur prétend avoir eu une sorte de coup de foudre pour son nom. Nous ne sommes pas obligés de la croire. C'est vrai que son nom est singulier. Et surtout inconnu de nous à moins de connaître à la perfection l'art de la Suède. Il est néanmoins curieux de parler de l'oeuvre et de l'existence de cette femme peu commune sous la forme d'un roman car il est évident que Véronique Le Normand a tenu à respecter cette artiste sous tous les plans. Fille d'un capitaine de marine, elle a été une bonne élève, s'intéressant surtout à la mathématique et à la botanique. Cependant, elle a d'abord voulu suivre une voie assez conventionnelle, mais elle s'est en même temps inscrite à des cours de portraits. Elle se consacrer à la peinture. Elle se présente à l'Institut technique de Stockholm, puis change d'orientation du tout au tout et entre à l'Académie royale des beaux-arts de la capitale qui, en observant ses qualités, lui octroie même un atelier. De plus, elle s'intéresse très tôt au spiritualisme, à la théosophie et à la philosophie.
En 1906, elle fait la connaissance de Georges Steiner venu en Suède implanter son centre anthroposophique. Pour elle, il devient pour elle un guide dont elle ne cessera d'appliquer l'enseignement. Elle ne tarde pas à s'engager dans une peinture de nature abstraite. Elle produira plus de mille oeuvres, abandonnant définitivement le style naturaliste de ses débuts. Elle expose peu et demeure plutôt méconnue de son vivant. C'est environ trente ans après sa disparition qu'elle est enfin reconnue et qu'elle devient une des créatrices les plus estimées de son pays au XXe siècle. L'auteur n'a pas souhaité composer une biographie classique, mais se couler dans le personnage intriguant de cette femme intrigante qui n »a jamais renoncé à ce qu'elle a entrepris de faire en dehors des codes esthétiques de son temps. Bien sûr, en faire un roman (l'auteur parle même à la première personne !) rappelle les formules de la littérature populaire. Toutefois, le livre est intelligent et respectueux de son modèle.
 Le Cahier d'Hilma, Véronique Le Normand, illustrations de Lisbeth Renardy, Éditions Helium / Grand Palais RMN Éditions, s. p., 19, 90 euro.
La littérature enfantine connaît un essor qui semble ne jamais devoir décroître. Il faut souligner que cette déferlante éditoriale s'accompagne souvent de la parution d'albums de qualité. Et dans le cas présent, avec ce Cahier d'Hilma, on peut admirer la limpidité stylistique et le jeu très pur des couleurs.
Le texte s'inscrit dans un cadre, entouré par les images de Lisbeth Renardy, qui font un clin d'oeil aux maîtres de l'art moderne. Parfois ses compositions se présentent sous forme de frises en haut et en bas des pages. L'histoire est celle d'une petite fille vivant en Suède au XIXe siècle, qui tient un sorte de journal intime et qui nous raconte ses journées dans le cercle familial avec ses compagnons de classe. C'est charmant, c'est touchant et cela peut faire rêver un enfant de ns jours. Sans emphase, sans aucune exagération ni volonté de dépayser le lecteur ou la lectrice, Lisbeth Renardy ne fait que souligner avec réserve cette distance dans le temps et dans l'espace. Le texte de Véronique Le Normand est écrit avec simplicité mais aussi avec une pointe de poésie.
Il faut remercier les deux auteurs ne pas avoir sacrifié aux conventions et aux mièvreries du genre et d'avoir créé ce livre plein e de charmer.
 J'avais bâti dans un rêve un palais, Dimitri Delmas, « un endroit où aller », Actes Sud, 192 p., 14, 90 euro.
L'ouvrage débute dans un village modeste, Hauterives, on découvre le personnage du facteur, qui se prénomme Ferdinand. Dur à la tâche, il prend à coeur de mener à bien sa tâche quii l'oblige à faire chaque jour de nombreux kilomètres. On découvre bientôt qu'il ne s'agit pas d'un facteur ordinaire et inconnu, mais du désormais célèbre Facteur Cheval. C'est sur le tard, à l'âge quarante-trois ans, qu'il se met à imaginer de construire un palais qui ne ressemblera à aucun autre et qui condenserait tourte sa pensées, tous ses rêves, toute son esthétique.
L'auteur raconte cette aventure pour le moins extraordinaire sous la forme romanesque. Pourquoi pas ? Il faut reconnaître que ces longues années (plus de quarante années) que Cheval a consacré à édifier cet édifice sans égal sont un exemple impressionnant de courage et de volonté, sans parler de la créativité qui sous-tend le tout. De chapitre en chapitre, on le voit s'obstiner et ne jamais se décourager pour mener à bien une construction qui erst purement imaginaire. Jamais il ne s'est senti meurtri par ceux qui se gaussaient de ses efforts, faisant s'élever des formes qui paraissaient exotiques, sinon insensées. De son vivant, il n'a pas franchement eu de reconnaissance, même si l'on vendait des cartes postales du dit palais. En réalité, rien ne pouvait le dévier de son ouvrage titanesque car il était seul à en être et l'architecte et le maçon.
Ce n'est que plus tard qu'André Breton et puis les surréalistes sont fascinés par cette curiosité monumentale qui ne saurait être rapproché de rien d'antique ou de moderne. Ils ont été frappés par l'imagination époustouflante de l'ensemble et aussi par une sorte de beauté qui n'avait pas cours. A croire que c'est devenu une mode de transformer l'existence d'un créateur en un récit romanesque.
Je dois admettre que le livre est plaisant à lire et que l'auteur a été respectueux de la vérité historique et du personnage désormais illustre et de son palais qui fait accourir désormais de nombreux visiteurs venus de tous les coin du monde. Alexandre Dumas avait bien tordu le bras à la vérité huistorique. Dimitri Delmas peut bien traiter le mythique Facteur Cheval à sa guise.
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Gérard-Georges Lemaire 28-05-2026 |
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| Verso n°136
L'artiste du mois : Marko Velk
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POUR UNE AUTRE PHOTOGRAPHIE…
Esther Ségal
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