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18-12-2025
La chronique
de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

Le Café de Van Gogh, Bernadette Murphy, traduit de l'anglais par Marie Chabin, Actes Sud, 400 p., 25 euro.

Vincent Van Gogh fait partie de ces artistes qui ont été très tôt entouré d'une légende. Sa vie et son oeuvre ont donné lieu à d'innombrables études et à des spéculations tout aussi nombreuses qui ont pris une forme romanesque souvent douteuse ou malencontreuse. La littérature qui s'attache à lui est aussi grande que celle qui concerne Léonard de Vinci. Sans parler des extrapolations poétiques. C'est un puits sans fond. Dans le cas de Bernadette Murphy, déjà auteur de L'Oreille de Van Gogh (ouvrage paru en France en 2017) est d'une aussi grande rigueur dans sa conception. C'est un exemple de recherche des plus sérieuses, qui tente d'aller jusqu'au fond des choses. Le présent essai s'intéresse au séjour que Van Gogh a fait en Arles de février 1888 à mai 1889, quand il est enfermé dans l'asile de Saint-Rémy-de-Provence (chassé par une pétition rédigée par certains habitants). Bernadette Murphy dépeint avec précision ce qu'a été l'univers du peintre dans cette bourgade qui, alors, ne comptait guère plus que treize mille habitants.
Il y a le café de la gare et l'hôtel Carrel, la place Lamartine étant le centre de ses déambulations dans la cité. Elle explore et décrit chacun de ces lieux si importants lors de ce séjour si bref, mais qui n'en a pas moins été très prolifique. Et elle tient à faire tout son possible pour identifier tous les modèles qui ont posé pour lui alors que peu d'éléments pourraient la mettre sur la bonne piste. Elle commence par Le Fumeur, aujourd'hui exposé à la fondation Barnes de Philadelphie. Pour découvrir l'identité de ce personnage, elle emploie des méthodes qui s'apparentent à celles d'une enquête policière très poussée. Malgré l'absence de documents et donc malgré la grande difficulté de l'entreprise et, à force de déductions, elle parvient à lui donner un nom, Antoine Augustin Bessy. Elle applique le même procédé pour tous les personnages que Van Gogh a choisis de représenter, comme Une vieille Arlésienne, avec laquelle elle a eu plus de chance. De surcroît, elle nous fait découvrir des faits surprenants, comme sa relation chaleureuse avec un peintre danois, Christian Mourier-Petersen, avec qui il a établi rapidement une bonne relation.
Cette rencontre l'a stimulé et, déjà au mis de mars, il avait peint trente tableaux. Mais ce printemps si prolifique n'améliore pas ses relations avec les Carrel chez qui il demeurait, et il doit prendre une chambre au Café de la Gare. Il loue une chambre place Lamartine pour en faire son atelier dans la désormais fameuse maison jaune. Il fait plusieurs portraits des propriétaires, Joseph et Marie Ginoux. C'est ainsi que, peu à peu, à force de recoupements que et de rapprochements obtenus après bien des efforts, l'auteur parvient à reconstituer le petit monde que Van Gogh a fréquenté et a éprouvé le besoin de portraitiser. Cette méthode de travail, que notre infatigable chercheuse relate car tout le livre n'est que le récit détaillé de ses investigations et des conclusions auxquelles elle parvient, Il faut reconnaître qu'elle l'a rédigé de telle sorte qu'on la suit comme si elle avait écrit un roman d'aventure.
Nous sommes forcément pris au jeu de sa quête, qui requiert tellement de temps et d'énergie et qui, au bout du compte, nous fait découvrir Van Gogh sous de nouveaux éclairage en dehors du fait qu'elle réussit à reconstituer ce si bref séjour en Arles qui s'est achevé de façon si malheureuse. Et nous apprenons qui est l'écolier - Camille -, le célèbre postier, Joseph Boulin, mais aussi Madame Boulin, Patience Escalier, La Mousmée et tous ces acteurs de la tragi-comédie du peintre, si familiers et pourtant le plus souvent inconnus, que nous ne finirons jamais de mieux connaître. Il faut saluer Bernadette Murphy pour ce magnifique travail qu'elle a su si bien nous restituer.




Mistero e luce della matiera, Maurizio Cucchi, aquarelle d'Adalberto Borioli, Il Robot Adorabile, Milan.

Pour les lecteurs qui me sont fidèles et qui connaissent l'italien, je ne saurais trop recommander cette petite édition limitée à quelques exemplaires, mais quoi est de toute beauté.
Tout d'abord, il y a le texte poétique Maurizio Cucchi, qui est sans nul doute l'un des poètes les plus intéressants actuellement en Lombardie. Né en 1945 à Milan, il fait ses études à l'Università Cattolica d'où il sort diplômé ayant écrit une thèse sur Andrea Zanzotto. Pendant de nombreuses années, il gagne sa vie comme journaliste sportif, jusqu'en 1971, date à laquelle il publie son premier recueil de poésie.
Il publie ensuite chez Mondadori et chez de nombreux éditeurs. Il a traduit les oeuvres de Stendhal, Gustave Flaubert, Stéphane Mallarmé et d'Honoré de Balzac (entre autres). Il a commencé au début des années 2000 à produire des nouvelles. Il est également l'auteur d'éditions de grands auteurs (comme Edgar Allan Poe, Yuko Mishima ou Federico Garcia Lorca par exemple) et est l'auteur d'éditions érudites et de quelques essais. Il a reçu plusieurs prix. Il est considéré comme l'un des plus significatifs et talentueux de la nouvelle génération des poètes de la linea lombarda dont le plus ancien représentant a été Alessandro Manzoni.
Adalberto Borioli est musicien professionnel ( il joue de la flûte traversière) et un peintre qui a choisi d'aller jusqu'au bout de l'expérience de l'abstraction, le seul jeu des couleurs exprimant des sentiments ou une scène lyrique. Il est aussi éditeurs de livres à tirage limité. Jusqu'à ce jour, il en a édité quelques cent cinquante. Ils ont pour caractéristique d'être toujours illustrés par une de ses oeuvres, une peinture ou une gravure. Dans le cas présent, il a opté pour une aquarelle, qui n'est pas une illustration du texte de l'écrivain, mais un écho plastique d'un grand raffinement.
Gérard-Georges Lemaire
18-12-2025
 

Verso n°136

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