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26-02-2026
La chronique
de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

Les grands textes de la beauté, Dominique Paquet, Éditions du Regard, IFM, 289 p., 90 euro.

Une nouvelle fort triste frappe l'édition parisienne : les Éditions du Regard, fondées en 1978 par José Alvarez, ferment leurs portes en ce mois de février. Il sera difficile de faire son deuil de cette maison d'une grande qualité, produisant des volumes d'une haute qualité de présentation et de typographie. Elle s'était spécialisée surtout sur les arts plastiques, un peu la mode et puis sur les cités historiques françaises. Elle a créé une belle collection sur l'art moderne, du cubisme à l'art minimal (j'y ai écrit un volume dédié au futurisme italien). Parmi ses grandes options, elle a produit des volumes passionnants sur les avant-gardes russes, ce qui était une gageure à l'époque. Par la suite, elle a évolué, en mettant toujours plus sur l'art contemporain. Pendant toutes ces décennies, il n'y a pas eu une autre maison dans notre pays en mesure de la concurrencer.
J'ai choisi de parler d'un livre paru récemment et qui n'est pas illustré et qui est d'aspect assez modeste. Mais ce n'en est pas moins un ouvrage précieux pour tous ceux qui s'intéressent au concept de beauté, qui s'est beaucoup modifié au fil du temps. A tel point qu'à la fin du siècle passé des théoriciens de comptoir ont voulu mettre à bas ce concept, avec l'envie de jeté l'art dans son ensemble avec l'eau du bain... La première difficulté qui se présente est que la beauté concerne autant la philosophie que les arts plastique, la première influençant souvent la seconde, puis cette dernière s'est éloigné des écrits de Platon comme de ceux des néo-platoniciens, de Kant et de Hegel. Cette très riche anthologie est divisée en plusieurs parties dont il n'est pas aisé de comprendre la portée. C'est ainsi que l'auteur a intitulé la première de toute « la beauté indécidable » avec pas moins de trois textes de Platon, or la beauté chez Platon est loin d'être indécidable !
Une autre chose m'a un peu gêné est le fait d'avoir mêlé les écrits des philosophes et ceux des écrivains et même de Pascal Ory ! Enfin, il n'y a pas un seul texte rédigé par un artiste. Or cette épineuse question a été abordée par tant de créateurs (je me limiterai à citer qu'Eugène Delacroix) ! Il n'en reste pas moins vrai que ces pages sont utiles et même précieuses pour qui veut maîtriser tous les contours d'une façon de considérer une entité si complexe et qui, parfois, dépasse les limites de notre culture.




Suite au désert, Philippe Thireau, Tinbad,110 p., 15 euro.

Dans quelle catégorie pourrait-on classer cet ouvrage ? Ce n'est pas un roman à proprement parler ni un recueil de récits, plus ou moins liés les uns aux autres, bien qu'il contienne trois histoires distinctes. C'est une fiction qui présente des traits particuliers, comme le fait de ne pas toujours finir une phrase ou encore de passer d'un argument à un autre sans aucune transition. Les entorses à la juste grammaire de Monsieur de Grevisse sont nombreuses, mais toutefois l'auteur a tenu à conserver l'illusion d'une oeuvre romanesque classique. En fait, il a souhaité traduire la densité et force ses personnages ainsi que la trame en fonction d'une logique qui est sienne et qui obéit à des lois narratives et grammaticales.
Dans la première histoire, la figure prédominante est dans ce Belleville devenu maghrébin Lili à l'os, qui fait songer à la Nini Peau de Chien de la Belle Époque, sauf qu'elle est née de l'autre côté de la Méditerranée, en Algérie, plus précisément. C'est sans conteste une fille de mauvaise vie. Mais elle n'est pas l'héroïne de ce petit récit, mais plutôt une allégorie plébéienne qui donne le la de cette peinture désarticulée de ce quartier haut perché et bien mal famé. Elle incarne ces lieux et sa population bigarée et peu reluisante. Le lecteur est invité à découvrir ces lieux qui sont l'essence de Paris, mais aussi une région devenue musulmane bien peu pittoresque. L'histoire est délivrée par bribes, jamais achevée, comme une succession de clichés pris à la hâte et sans logique.
La seconde histoire, baptisée « Le fellaga », est un peu du même tonneau. Il y a cependant une grande différence : la plupart du temps, il s'agit d'un dialogue entre le colonel etg Abdallah, personnages antagonistes dont on sait peu de choses en dehors des propos qu'ils échangent. Au fond, ce sont les deux cultures qui s'affrontent et qui ne parviennent pas à s'entendre. Tout cela est bien déconcertant, même incompréhensible : les deux protagonistes parlent la même langue, mais ne l'emploient pas de la même façon. Le sujet de ces pages ? Peut-être les métamorphoses de Paris qui se jouent dans un désordre fâcheux. En sorte que les figures impliquées (je pense à la violoncelliste, par exemple) et les lieux qui apparaissent et disparaissent au détour d'une phrase, sans raison, dans ce récitatif choisi par l'auteur, qui ne cesse de se briser et de se dégrader, se révélant comme le contraire d'une digression romanesque, nous poussant à bout dans ce labyrinthe où rien n'est plus compréhensible, à moins de suivre la route secrète de son écriture.
Voilà un livre pour le moins curieux et qui dépasse les bornes de la littérature, même la plus contemporaine. C'est un objet curieux et fait pour nous perdre dans son dédale entre deux mondes qui finissent par n'en former plus qu'un. II convient donc de se laisser porter, sans résistance et sans réfléchir pour jouir de ce tohu-bohu de façon à vivre sans complexe d'une transgression des règles majeures de notre histoire livresque.
Gérard-Georges Lemaire
26-02-2026
 

Verso n°136

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