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  [Visuel-News]
26-03-2026

La chronique de Pierre Corcos
Dramatique

La chronique de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

La chronique
de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

Le Mariage du ciel et de l'enfer, William Blake, bilingue, traduit de l'anglais par Jean-Yves Lacroix, Éditions Allia, 80 p., 7 euro.

De son vivant, William Blake (1757-1827) n'a guère été goûté par ses contemporains. Né à Londres, près de Golden Square, il n'a guère été encouragé par son père, bonnetier, qui a voulu qu'il suive des études plus traditionnelles alors que ses copies des grands maîtres de la Renaissance italienne ou de Dürer révèle son aptitude pour le dessin. Il est aussi un grand lecteur, aimant Ben Johnson, et il se révèle aussi un passionné de la Bible. Après sa scolarité, il entre dans l'atelier de gravure de James Basire en tant qu'apprentis. Au bout de deux années, Basire l'envoie travailler dans les églises médiévales de Londres, dont Westminster qui l'émerveille. En 1778, il s'inscrit à la Royal Academy. Mais il n'entretient pas de bonnes relations avec le directeur, Joshua Reynolds. En 1882, il fait la connaissance de John Flaxman, dessinateur et sculpteur, qui le prend sous sa protection. Un an plus tard, il publie son premier recueil de poésie, Poetical Sketvhes.Il crée une imprimerie avec son frère et fréquente le cercle du célèbre imprimeur Joseph Johnson. Il y retrouve les partisans de la révolution américaine et ceux de la révolution française. Il est également apprécié de George Cumberland, l'un des fondateurs de la National Gallery. En 1788, il expérimente la gravure en relief (eau-forte en relief, qu'il utilise le plus souvent). Il illustre ses propres ouvrages. Il achève Songs of Innocence et Songs of Experience en 1794.Il illustre l'ouvrage de Mary Wollstonecraft, Orignal Stories of Real Life (1788-1701) Et il donne naissance à un recueil baptisé Prophéties. C'est également pendant cette période qu'il compose The Mariage of Heaven and Hell. Ce qui  frappe en premier lieu est que le livre ne comporte pas de rimes et est une succession de courtes séquences. En fait, c'est une prose poétisée. Il y exalte le génie poétique, dont il attribue l'origine aux Juifs qui ont écrit la Bible. Les différents textes qui y sont assemblés ont en commun de mettre en scène des figures bibliques ou alors des actes de Jésus Christ qui s'oppose au diable. C'est un véritable bijou littéraire qui mérite pleinement d'être connu et loué. Les Éditions Allia ont eu l'idée de rééditer l'un des plus beaux textes de William Blake dont on attend la réédition des oeuvres complètes, qui avait été entreprise par Flammarion il y a déjà un certain temps. Et l'artiste mériterait une belle rétrospective au musée du Louvre (ou, éventuellement au musée d'Orsay).




I macchiaioli, sous la direction de Francesca Dini, d'Elisabetta Matteucci et de Fernando Mazzocca, 24 Ore Cultura / Civita, 232 euro.

Pour la majeure part des Français le terme « macchiaioli » ne signifie rien. Et quand le rapprochement est fait une comparaison, on confronte ce courant avec l'impressionnisme, ce qui n'a aucun sens. Cette exposition présentée au Palazzo reale de Milan jusqu'au 14 juin, a sans doute quelques défauts - en particulier l'éclairage et le fait de mélanger les paysages, les scènes intimes et les scènes de guerre (il s'agit du risorgimento), l'éclairage qui rend impossible la lecture des cartelles, elle est néanmoins très riche d'enseignement sur tous ces peintres qui ont changé le cours de l'art italien. Tous ce jeunes créateurs se retrouvaient, au milieu du XIXe siècle, au café Michelangiolo de la via Larga à Florence (Adriano Cecioni a exécuté un beau tableau de l'intérieur de l'établissement en 1867), qu'ils se sont employés à décorer de leurs oeuvres. Deux réalités ont créé le lien entre ces artistes. La première est politique. Ils ont été marqués par la révolution de 1646 et ils sont tous à faveur de l'unité de l'Italie. Cela se reflète dans leurs oeuvres, Un grand nombre d'entre elles témoignent des combats menés contre les Autrichiens : on découvre des campements(chez Giovanni Fattori surtout, des soldats en marche, des combats aussi (en particulier la bataille de Magenta,(je pense d'abord à  L'infanterie italienne à la Madonna della Scoperta, de Giovanni Fattori, vers 1864). Leur idée est de célébrer le courage de ces jeunes hommes et de faire la chronique des rudes affrontements qui ont conduit à l'indépendance de régions de la péninsule. C'est sans nul doute un aspect de leur engagement dans un lutte qui a commencé avec le débarquement des Mille en Sicile sous la conduite de Giuseppe Garibaldi.Et puis il y a l'exaltation de paysages magnifiques et des paysans qui travaillent dans les champs, comme on le voit dans les toiles d'Odoardo Borrani ou dans La Vue del'Rno de Telemaco Signorini, ou encore dans le petit groupe de personnes contemplant la mer de Vincenzo Cabianca ; Le Mugnome alla Cure de Giuseppe Abbati appartient aussi à cette catégorie, tout comme L'Arno à Varlungo d'Ordorardo Borrani et la Marina a Castigliancello de Raffaele Sernesi. Et c'est sans compter avec les meules de ce dernier. A ces deux genres s'ajoute une dimension de l'intime, qui est une nouveau dans l'art italien de ce siècle. La Récolte des roses de Silvestro Lega en est un exemple à la fois réaliste et poétique, les deux étant indissociables chez eux. Les portrait, exécutés sans emphase, mais avec un goût certain du détail juste - ceux qui ont été réalisés par Giovanni Boldini et par Giovanni Fattori sont remarquables ; Giovanni Fattori a aimé représenté une dame dans un paysage ouvert, au bord de la mer. Cette tendance s'est confirmée avec le portriat qu'il a fait de son collègue Silvestro Lega au milieu des orchers, toujours au bor de la Méditerranée. Les scènes d'intérieur sont vraiment pleines de charmes. A commencer par Le Chant d'une ritournelle de Silvestro Lega, achevé en 1867, une jeune femme joue du piano avec deux autres femmes derrière lle dont l'un tient un nourrisson. Parfois, un intérieur modeste est associé à l'actualité du moment, comme dans En écoutant les nouvelles du jours de Gerolamo Induno (vers 1864) La Lecture sur la terrasse de Michele Tedesco (vers 1875) allie simplicité et simplicité dans un cadre charmant La couseuse est un de leurs thèmes privilégiés, comme on le voit chez Tedesco ou Les Couseuses d'Adrianoo Cecioni (1866-1867). Il y a aussi des compositions où c'est l'éducation qui est mise eeur comme dans L'Éducation au travail de Lega (1863 ou dans L'Analphabète d'Odoardo Borrani (1869). Ce qui frappe le plus dans l'ensemble de ces toiles, c'est qu'elles sont d'un petit format et le plus souvent horizontale (dans l'exposition, seule un tableau de Fattori est d'une plus grande taille. Ce n'est pas un détail. Les batailles sont représentées avec beaucoup de détails, mais n'ont rien d'héroïque ou de glorieux. Les scènes intimes sont d'autant plus confinées à une représentation de la vie qu'on retrouvera plus tard chez les Nabis, avec beaucoup de délicatesse et de douceur. Finalement, c'est plus ce choix qui, à mes yeux, compte le plus, en tout cas plus que la technique dite de la tâche, qui n'est pas négligeable, bien au contraire, Tous ces peintres sensibles et originaux ont fait prendre alors une autre voie aux arts plastiques en Italie. Le lien sera rétablit avec les grands courants européens, surtout avec ceux qui sont apparus en France, quelques décennies plus tard. Mais il n'en reste pas moins vrai que cet art saura se distinguer avec le futurisme, la peinture métaphysique et le Novecento, pour ne parler que des tendances les plus importantes. Quoi qu'il en soit, ce volume sera d'une grande utilité à tous ceux qui ignore ce mouvement car il présente des qualités indéniables.
Gérard-Georges Lemaire
26-03-2026
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"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
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