 Unica Zurn, Anne-Marie Dubois, Musée d'Art de Saint-Anne, Editions In fine, 25 euro.
Il y a quelques années, l'hôpital psychiatrique, Musée d'Art de Sainte-Anne, Edition In fine, a présenté une belle exposition rétrospective d'Unica Zurn. Cette artiste allemande, née à Berlin en 1916. Elle a fait ses études dans la sphère commerciale dans sa ville natale. En 1932, elle décide d'étudier les beaux-arts. Elle écrit déjà des poèmes et des récits. La guerre terminée, elle est allée s'installer à Paris, où elle a rencontré des personnages du monde de l'art, tels Henri Michaux et André Breton (qui l'a invité à participer à une exposition de groupe surréaliste).Elle fait la connaissance de Hans Bellmer, avec qui qui elle a une longue liaison profonde mais tourmentée, et qui s'est dégradée au point d' en arriver à un rupture
En juillet 1970, elle s'est rendue chez lui et s'est jetée par la fenêtre. Elle a privilégié le dessin et aussi la gravure sur cuivre. Elle n'a pas versé dans l'abstraction, mais a opté pour des compositions loin de la réalité, plutôt fantasmagoriques avec des figures oniriques. Pour l'essentiel, ses oeuvres traduisent des scènes issues d'un cauchemar. Cependant, elles constituent souvent un paradoxe car elles possèdent une profonde émotion esthétique.
 Suzanne Valadon l'insoumise, Agnès Clancier, Editions des instants, 184 p., 20 euro.
S'il s'agit bien ici d'un roman, il faut de suite préciser qu'il s'agit d'une biographie romancée. La vie de Suzanne Valadon n'est d'ailleurs pas particulièrement distordue, mais, au contraire, est narrée telle qu'elle fut. L'auteur a fait commencer son livre avec l'artiste dans son atelier avec son tout jeune fils, Maurice, qui n'est pas le fils du peintre espagnol Utrillo. Par la suite, en dépit de son infirmité mentale, Le jeune garçon peint des tableaux de Paris qui se vendent bien mieux de ceux de sa mère qui a pourtant une plus grande expérience que lui.
Elle a bien été modèle à ses débuts, en particulier pour Renoir. Dans les ateliers des uns et des autres (elle a connu aussi bien Degas que Pissarro), elle a été proche de Toulouse-Lautrec qui l'a rebaptisée, elle était donc au faite de de qui se passait dans le microcosme le plus avant-gardiste au pied de la Butte dès avant la Commune. Edgar Degas la soutient et elle est parvenue enfin à participer à des expositions importantes. Ce parcours dans l'existence de Susanne Valadon, dans son aventure picturale et dans ses démêlés sentimentaux est traité avec une relative finesse et est bien documenté Dommage que l'auteur n'ai pas voulu développer l'évolution de sa recherche picturale, qui était originale.et que nous ne connaissons pas encore très bien. Mais ces pages se lisent avec plaisir et sont vraiment intéressantesnous permettant de nous faire une idée plus précise de cette femme artiste au caractère bien trempé.
 Lundi ou mardi, Virginia Woolf, traduit de l'anglais par Pierrte Guglielmina, Editions de l'Herne, 128 p.,
Virginia Stephhen, fille d'un célèbre érudit, sir Leslie Stephen, est née en 1882 à Londres. Passionnée de littérature, elle est à l'origine du cercle du Bloomsbury.Elle épouse Leonard Woolf, qui était fonctionnaire à Ceylan, en 1912. Cinq ans plus tard, le couple crée la maison d'édition The Hogarth Press (elle y a publié tous ses livres). Ce recueil, Monday ou thirsday, a paru en 1922. On présente souvent cet ouvrage comme le témoignage d'une écriture révolutionaire. Si ces textes, de taille et d'esprit différent, s'éloigne de la grande production romanesque du XIXe siècle anglo-saxon, je ne perçois pas là la manifestation d'une volonté de rupture formelle, mais plutôt d'une liberté sans borne dans l'art d'écrire. D'aucuns de ces récits sont très courts, d'autres un peu plus développés et ils n'ont aucun lien entre eux. Il n'y a parfois même pas une véritable trame. Ce ne sont pas cependant pas des exercices, mais plutôt des moments où l'écrivain a désiré se laisser aller au pur plaisir de la narration sans la moindre limitation dans la construction ou dans l'inspiration. En la lisant, on a le sentiment de la suivre un moment dans une sensation ou une déclinaison de son humeur au fil de la plume. Malgré cette absence de rigueur formelle, c'est assez prenant cependant car on y découvre une manière d'envisager le texte qu'on retrouve, cette fois de manière plus élaborée, dans ses autres proses. Au fond, elle nous y invite à prendre la mesure de sa jouissance narrative sans justification. Ce petit volume nous fait connaître cette grande femme de lettres dans son intimité la plus grande lorsqu'elle envisage de noircir d'encre quelques feuilles de papier.
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