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[Visuel-News]
09-04-2026
La chronique de Pierre Corcos Les faits du réel, l'effet de réel La chronique de Gérard-Georges Lemaire Chronique d'un bibliomane mélancolique
La chronique de Gérard-Georges Lemaire |
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| Chronique d'un bibliomane mélancolique |
 Meztafisica / metafisiche, modernità e melancolia, sous la direction de Vicenzo Trione, palazzo RealeElecta, 660p.
En ce moment, et jusqu'au 21 juin, se tient au Palazzo reale de Milan une grande exposition consacrée à la peinture métaphysique et à ses résonnances ultérieures dans l'histoire de la peinture et même de la sculpture modernes. L'exposition se divise en deux grandes parties, l'une concernant les quelques années qui ont marqué l'émergence de ce petit cercle d'artistes, la seconde, concerne les résonances que cette forme d'art a pu avoir par la sorte sous des formes très diverses.
C'est en 1917 que Carlo Carrà, alors en poste à Milan est en voyé à Ferrare. Là, il rencontre Giorgio de Chirico et Alberto Savinio, les deux frères qui ont été envoyé dans un soi-disant hôpital psychiatrique. En réalité - comme cela a été fait en Grande-Bretagne à la même époque -, ces artistes, comme d'autres créateurs (écrivains, gens du spectacle, etc.) ont été éloignés du front en prévision de l'après-guerre. Ils ont peint, ils ont aussi pu élaborer un genre nouveau de peinture au cours de leurs discussions. Giorgio de Chirico est sans doute l'initiateur de la pittura metafisica. Mais Carrà s'est emparé de ce concept nouveau et en a fait sa chose, ce qui conduit rapidement ce petit cercle à sa disparition. Il faut aussi y joindre Giorgio Morandi, Filippo de Pisis et auxquels on peut rattacher Mario Sironi et Ottone Rosai. Toutefois, si le groupe n'a pas eu une grande histoire, les artistes qui le composaient ont tous eu une belle carrière. De Chirico a été admiré par les surréalistes. André Breton, qui l'a adulé, l'a ensuite « excommunié » avec férocité pour avoir refait en 1925 une Piazza d'Italia des années dix pour le grand collectionneur Jacques Doucet. Si Giorgio de Chirico a, semble-t-il inventé ses Places d'Italie à Munich, il n'en est pas moins vrai qu'elles ont intégré plusieurs éléments empruntés à la ville de Ferrare, en particulier le château d'Este que le peintre a aimé rendre en rouge. De toute façon, ce thème est revenu ponctuellement dans les tableaux du Pictor Optimus, par exemple dans Présent et passé de 1936. De même Savinio a repris à diverses reprises les thèmes de cette courte phase. Les compositions de Chirico reprennent souvent les mêmes problématiques : la perspective accélérée, la statue antiquye au milieu de la place, le chemin de fer avec la locomotive qui fume derrière un mur, les portiques, les jouets et les friandises, pour ne citer que ces éléments. A ne pas oublier cependant les mannequins et le gant en caoutchouc rouge qu'il a ajouté à certaines de ses visions urbaines. Quant à lui, Savinio a privilégié des architectures oniriques, composées de toutes sortes de choses, naturelles ou artificielles, qui s'allient pour édifier ces monuments de grande taille dont la signification échappe complètement. Carlo Carrà est assez proche des données formelles de Chirico, avec ses mannequins énigmatiques. Giorgio Morandi a déjà disposé un dispositif avec les bouteilles dont il ne se séparera jamais.
Enfin, Mario Sironi imagine des périphéries urbaines qui sont traversés par des automobiles qui ressemblent à des jouets. Le silence implicite à ces vues renforce l'idée d'étrangeté de ces lieux modernes liés à l'industrie. Cette phase propédeutique de la metafisica est bien documenté, même si certaines oeuvres conséquentes ne sont pas présentes. La partie englobant parodies, influences directes ou indirectes, pastiches et hommages est un peu trop gonflée. On se demande pourquoi ces trois toiles de Mario Schifano font là en dehors du fait que c'est un artiste célèbre. En revanche, les deux compositions d'Andy Warhol sont directement inspirées par Chirico : The Poet and his Muse ainsi que The Italian Square and Ariadne, tous deux de 1982, sont à la fois des pastiches et des célébrations, dans la pure ambiguïté de l'artiste américain. La gigantesque accumulation d'ouvrage que le concepteur de cette exposition a voulu faire, il y a des travaux remarquables, comme ceux de Mimmo Rotella, ou encore d'Al Welfel, Et à admirer le travail de William Kentridge réalisé en 2001 ainsi que les toiles de Felice Casorati et de Mario Tozzi tout comme Alessandro Mendini. D'autres paraissent un peu déplacés. Il y a là un trop-plein. Mais il y a des sections vraiment intéressantes et révélatrice, comme le rapport avec l'architecture (de Macello Piacentini à Aldo Rossi en passant par Massimiliano Fukas, ainsi qu'Angelo Mazzoni qui a signé le projet de la gare de Florence, et surtout la ville entièrement nouvelle de Sabaudia et le palazzo della civilità italiana de l'EUR à Rome en vue de l'exposition universelle prévue à Rome en 1942 qui n'a pas eu lieu), avec la mode, le théâtre et avec la photographie (où l'on voit le beau cliché de Man Ray qui a exécuté le portrait de Giorgio de Chirico).
Malgré les défauts que j'ai pu souligner, l'exposition reste pertinente et le volumineux catalogue est un magnifique instrument de travail avec une imposante documentation et ses textes critiques éclairant chaque partie du parcours. Qui entend connaître l'époque foisonnante des avant-gardes historique du début du XXe siècle se doit de se plonger dans ce labyrinthe de connaissances.
 Nacosti tra le pieghe Umberto Mariani, Arfte 92, Madrid, 88p.
Piegare il piombo, costruire la luce, Umberto Mariani, sous la direction di Giordano Bruno Guerri, Il Vitoriale degli Italiani, Gardone Riviera, Il Cigno Arte, 96 p., 20 euro.
Umberto Mariani a pris son bâton de pèlerin pour se rendre en Espagne afin de montrer dans la capitale de ce pays ses dernières créations.Au fond, rien n'a profondément changer dans sa démarche. Mais Mariani n'est pas de ceux qui, parvenu à une certaine notoriété, se contente de répéter inlassablement une technique bien éprouvée. Il introduit toujours des variations et quelques innovations, ne serait-ce que dans l'agencements des plis, qui peuvent être réguliers ou non, serrés ou au contraire très larges et donc éloignés les uns des autres. Et il lui arrive de faire un saut d'écart, par exemple avec La Manica di Ludovico Ariosto da Tiziano (2014) ou encore La Forma celata (« La Forme scellée ») de 2023 qui s'éloigne de ses canevas précédents et récurrents. Plus il avance dans son travail, Mariani est tenté par des fantaisies inattendues et des relations formelles originales et parfois ludiques. Sa caractéristique Forma celata n'a donc de laisse de se métamorphoser au fil des ans ! elles singulières. Il va jusqu'à rompre le principe du monochrome en introduisant de la feuille d'or dans sa composition 2 de 2022. Il ne fait aucun doute qu'il a pris la place autrefois occupée par Lucio Fontana avec son spatioalisme et qu'il est encore et toujours le meilleure peintre à Milan en ce qui concerne l'abstraction la plus radicale et audacieuse.
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Gérard-Georges Lemaire 09-04-2026 |
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