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[Visuel-News]
19-03-2026
La chronique de Pierre Corcos Utopie et fantastique La chronique de Gérard-Georges Lemaire Chronique d'un bibliomane mélancolique
La chronique de Gérard-Georges Lemaire |
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| Chronique d'un bibliomane mélancolique |
 Exils, œuvres choisies, Curzio Malaparte, sous la direction d'Emmanuel Mattiato, Quarto, Gallimard, 1312 p., 36 euro.
Cette copieuse anthologie d'œuvres de Curzio Malaparte (1898-1957) , dont ses deux romans débute par une préface posthume de Milan Kundera. Ce dernier place cet écrivain italien parmi les grands auteurs de son temps et explique en quoi son admiration pour le romancier consiste. En réalité, l'ensemble de ses écrits sont remarquables à un titre ou à un autre, Si un tel volume ne peut contenir une production littéraire considérable, il fournit néanmoins l'occasion de se faire une idée déjà forte de toutes La préface biographique d'Emmanuel Mattiato est remarquable car elle parvient à mettre en évidence avec justesse tous les caractères contradictoires et paradoxaux de sa pensée.
Né d'un père allemand, originaire de Saxe, il s'appelait Kurt Erich Suckert (on le surnommait familièrement Curtino). Né à Prato, il est baptisé à Florence. Il a choisi un pseudonyme italien en 1925.Il entre au prestigieux collège Circognini en 1911. Quatre ans plus tard, il s'engage dans la Légion garibaldienne. En juin 1915, il est versé dans la brigade Alpi quand l'Italie entre en guerre. Il est envoyé à l'école militaire de Caserte en 1917. Le 10 octobre, il se retrouve pour la première fois sur le front et participe à la bataille de L'Insonzo en qualité de sous-lieutenant. Puis il combat sur le Monte Grappa. Un an plus tard, il est envoyé en France où il prend part aux combats dans la région de Reims. Il reçoit la croix de guerre. Il fait partie de la délégation italienne lors du congrès de Versailles en 1919 puis est envoyé à Varsovie. Il quitte l'armée en 1921.Il s'installe à Rome et crée la revue Oceania. Il publie alors Viva Caporetto ! Il rencontre Giuseppe Prezzolini et collabore à La Voce. Il adhère au Parti national fasciste.; et dirige une chambre syndicale à Florence. Il publie un essai, L'Europa vivaente. Il est envoyé en mission par le parti à Paris en 1923.Il fonde en 1924 la revue La conquista dello stato qui existe jusqu'en 1928. En 1925, il fait publier L'Italia barbara. Il fait paraître en 1926 dans la revue Chiosa Don Cameleo, une satire de Mussolini, qu'il n'achève pas. Il crée avec Massimo Bontempelli la revue « 900 ». Il fait sortir de presse en 1927 les Avventure d'un capitano di sventura, puis donne plusieurs nouvelles au quotidien La Stampa. Il en est nommé directeur un an plus tard. Il fait un voyage en Union Soviétique en 1929 pour faire un reportage. Il y fait la connaissance de Boulgakov. Il publie en 1929 d'Intelligentzia di Lenin.
Il est congédié du journal en janvier 1931. Il se rend alors à Paris pour faire la promotion de Technique du coup d'état, qui paraît d'abord en français chez Grasset. Mussolini en interdit la parution en Italie. Il commence une biographie caricaturale du dictateur, Muss, qui ne paraît qu'après sa mort. Il retourne en Italie en 1932 où il commence à collaborer avec Il Corriere della sera de Milan. En septembre, il part en Angleterre et en Ecosse pour faire un reportage. Il voyage en France en 1933, Il rentre en Italie en septembre et est arrêté un mois plus tard. Il est enfermé dans la prison Regina puis est envoyé aux îles Lipari. Puis, pour des raisons de santé, il est transféré à Ischia. Il est fait libérer par Galéazzo Ciano, le gendre de Mussolini, qui l'admire.
Il reprend sa collaboration avec le Corriere. Il publie le recueil de nouvelles Sangue en 1937. Ai mois de juillet, il fonde la revue Prosettive. Il acquiert un terrain sur l'île de Capri où il confie à l'architecte Adalberto Libera le soin de construire sa demeure. Il rassemble d'autres nouvelles dans Donna come me en 1939. Il est officier lors de l'offensive italienne contre la France en juin 1939. Cette expérience lui inspire Il sole è scieco, sous forme de reportage dans Tempo, mais qui ne paraît sous forme de livre qu'en 1947.Il part en suite en Grèce pour rendre compte des opérations militaires. En 1941 il suit comme journaliste les troupes allemandes qui prennent Belgrade. Il va ensuite voir les débuts de l'opération Barbarossa en Union Soviétique pour écrire des articles pour le Corriere. Celui qu'il a écrit sur le massacre des Juifs à Jassy est censuré (il va reprendre cet épisode dans son roman Kaputt. Il rentre à Rome, mais repart à Berlin en janvier 1941. Puis il va en Pologne occupé. Peu après être retourné en Italie, il repart à Helsinki et retourne sur le front russe avec les troupes finlandaises. Il assiste au siège de Léningrad et aux combats en Carélie, envoyant toujours des chroniques au journal.
Tous ces articles sont réunis en 1943 sous le titre de : Il Volga nasce in Europa (La Volga naît en Europe), qui est le creuset dont va sortir son roman. La typographie où est imprimé l'ouvrage est bombardée en 1943. Il rentre de la Finlande en juillet et est arrêté et emprisonné le 2 août. Il est libéré le 17. Le même mois est réédité son livre. Il est de nouveau emprisonné entre la fin de novembre à Poggioreale. Il est de nouveau arrêté en février 1944, mais est libéré par les Américains. Togliati, secrétaire général du Parti communiste italien prend sa défense contre toutes les accusions et il est absout en forme définitive.
En octobre, paraît Kaputt, qui connaît un grand succès, mais engendre de nombreuses polémiques. Togliatti fait paraître l'Autobiografia di Malaparte dans la revue Rinascita. Entre 1947 et 1949, commence à écrire Journal d'un étranger à Paris, publie en volume Il sole è cieco et prépare l'édition italienne de Technique du coup d'état. Il fait paraître La Pelle (La Peau, qui paraît simultanément en français en 1949).
Avec Kaputt, qui est sans aucun doute le roman le plus marquant sur la dernière guerre et La Peau, qui observe Naples au début de l'occupation américaine, Malaparte a composé deux chefs-d'œuvre. Même s'il continue à écrire et que d'autres ouvrages sont imprimés avant sa disparition en 1957, il est entré de plain-pied dans le panthéon où se trouvent Marcel Proust et Franz Kafka. Ce recueil qui les contient compte bien d'autres ouvrages qui méritent d'être connus : il n'y a rien chez lui qui serait à mettre de côté. Bien sûr, on aurait aimé y voir figurer ce qu'il a pu écrire sur l'Italie et sur les Italiens, comme Benedetti Italiani et Maledetti Toscani, mais, pour ce faire, un second volume serait nécessaire car, par exemple, il manque tyoutes ses pièces de théâtre et bien des essais. Déjà c'est assez merveilleux d'y puiser la substantifique moelle de cet homme de lettre exceptionnel, qui a souvent voulu assister aux événements et à la traduire en articles de journaux avant de transformer son expérience sous une forme romanesque. La Peau est à mes yeux l'un des plus grands romans du XXe siècle, mêlant le réalisme le plus cru en une fiction fantasmagorique (la scène de la sirène en est l'expression peut-être la plus symbolique). Pour ceux qui ne connaissent pas Malaparte, c'est le moment où jamais de le découvrir.
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Gérard-Georges Lemaire
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