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[Visuel-News]
12-03-2026
La chronique de Pierre Corcos Des images pour Orwell La chronique de Gérard-Georges Lemaire Chronique d'un bibliomane mélancolique
La chronique de Gérard-Georges Lemaire |
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| Chronique d'un bibliomane mélancolique |
 André Malraux, la tentation du cinéma, Bibliothèque Universitaire de Strasbourg / L'Atelier contemporain, 160 p., 29 euro.
André Malraux (1901-1976) est l'un des grands romanciers français du XXe siècle. Il a aussi été l'un des penseurs les plus originaux de l'art, en particulier avec sa conception du musée imaginaire. S'il a une oeuvre immense, on oublie qu'il a fait bien autres choses, et en premier lieu un film tourné juste avant la Seconde Guerre Mondiale, Sierra de Teruel, qui a été interdit et donc n'a pu être vu qu'après la fin du conflit. Il a d'ailleurs écrit son premier essai en 1920 : « Des origines de la poésie cubiste » publié dans la revue Action. Très tôt il s'intéresse aux avant-gardes. Un an plus tard, il fait paraître son premier livre, Lune en papier, illustré par Fernand Léger. Il se rend à Berlin en 1922 et découvre le cinéma expressionniste, qu'il aurait aimé distribuer en France (il admire particulièrement Le Cabinet du docteur Caligari de Wiener). Après s'être marié avec Clara Goldschmidt, il se rend en Chine pour un long périple et il visite aussi la Birmanie. Il est arrêté pour avoir tenté de passer en fraude à la frontière une sculpture ancienne. Il est condamné à un an de prison avec sursis. Par la suite, il retourne en Asie et il crée un journal, Indochine, où il condamne le colonialisme. En 1926, il publie Tentation de l'Occident. A partir d'alors, il connaît un certain succès public et il figure désormais parmi les jeunes écrivains français en vue pendant l'avant-guerre.
Dans ce catalogue très détaillé, nous découvrons les relations de Malraux avec le cinéma. Comme une bonne partie de ses jeunes contemporains, encore lycéen, il adore les films comiques américains, à commencer par Max Linder et Buster Keaton. Et est subjugué par Charlot, qui est devenu une icône pour les artistes d'avant-garde. Mais il ne partage pas l'engouement de sa génération pour Fantômas de Louis Feuillade. Son expérience cinématographique commence avec la publication de Les Conquérants. Un projet s'ébauche avec Sergei Eisenstein, mais il n'aboutit pas. C'est la publication en 1938 de L'Espoir qui va pouvoir nier les liens avec le gouvernement républicain espagnol. Sierra de Teruel est tourné et ce fut là son seul et unique tournage. La documentation réunie est tout à fait extraordinaire, nous faisant ainsi connaître un versant peu connu de son histoire. Cet album accompagné de commentaires très judicieux et très éclairants qui nous font aborder un territoire de la pensée de l'écrivain qui est presque inconnu. Après le conflit, Malraux a été porté par le souci d'approfondir ses conceptions sur les arts plastiques, d'autant plus qu'il devient, après 1958, le premier ministre de la culture de la Cinquième République. C'est là la somme d'une recherche sérieuse, illustré avec soin, et remarquablement mis en page. Je n'ai qu'un regret : n'avoir avoir eu la possibilité de visiter l'exposition à Strasbourg...
 Le Rêve inachevé de Jack Kerouac, Pierre Adrien, photographies de Yann Stofer, Actes Sud.
Cet ouvrage ne peut que surprendre le lecteur car il semble jouer sur deux tableaux. Le premier serait le plus évident car il correspondrait au voyage que Jean-Louis Lebris de Kérouac, surnommé Jack Kerouac (1922—Lowell, Massachussetts - 1969, St Petersburg, Floride) avait été surnommé Ti-Jean par ses parents qui se targuaient de venir de France au début du XVIIIe siècle. Son père ne cessait de lui rappeler ses origines bretonnes. En 1968, il se rend en France visite sa maison d'édition française- Gallimard - de ses origines. Il séjourne surtout à Brest et puis se rend en Bretagne à la recherche de ses ancêtres. Il n'a rien pu trouver de concluant. Il semble qu'il n'ait jamais été complété par ce qu'il a été publié vingt ans plus tard. De surcroît, il meurt un an plus tard. Il est aussi à noter qu'il avait cette idée chevillée en en 1968 il fait paraître Gérard, l'histoire de son tout jeune frère disparu prématurément La seconde articulation de ce texte, qui se situe entre le récit et le documentaire, est plus trouble car des figures apparaissent aux côtés du narrateur. Il est difficile de comprendre cette pérégrination plutôt improbable.Il est vrai que Kerouac a rapporté de son bref séjour breton que bien peu de précisions. Mais l'auteur ne nous apporte peu de choses nouvelles sur la question. Plusieurs biographies ont fait en leur temps des recherches approfondies sans beaucoup plus de résultants majeurs. En sorte que l'ensemble donne l'impression d'une digression sans une matière consistante, car il ne s'agit pas non plus de réflexion sur la façon dont Kerouac envisageait son histoire familiale. En fin de compte, le livre ne nous entraîne pas sur les pas de l'auteur de On the road. La même chose pourrait être dites des photographies. Il est vrai que la ville avait été sérieusement bombardements pendant la dernière guerre, et que donc Kerouac n'avait pu voir que l'ombra de ce qu'avait été ce lieu. Mais les clichés choisis pour la publication. Sans doute la tâche n'était pas aisée, mais le résultat est plutôt décevant. Je n'attendais ceres pas des révélations, mais une vision qui soit à la mesure de ce grand auteur qui a révolutionné la littérature de sa génération. Cela est bien regrettable.
 OEuvres complètes à quatre mains, Jorge Lui Borges & Adolfo Bioy Casares, préface de Mohamed Sarr, traduit de l'espagnol (Argentine) par Eduardo Jiménes, Margot Nguyen Béraud & Françoise-Marie Rosset, 720 p., 25euro.
Cette réédition d'un chef d'oeuvre de la littérature mondiale du siècle dernier m'a décidé à faire une courte introduction : quand les deux volumes des oeuvres de Jorge Borges dans la prestigieuse collection de la Pleïade chez Gallimard ont laissé plus d'un perplexes. En effet, les oeuvres complètes parues en espagnol comptaient cinq volumes de la même importance. De plus, les oeuvres réalisées en collaboration n'y figuraient pas. Et les choses en sont restées bizarrement là. Heureusement, les éditions Seghers se sont chargées très récemment de combler ce manque pour tous ceux qui ne lisent pas la langue de Cervantès. Cette collaboration nourrie est impressionnante et a été poussé au point que les auteurs ne parvenaient plus à ce que chacun y a fait.
Tout a commencé pour les deux hommes au début des années trente dans la villa de Vitoria Ocampo, à San Isodoro, dans les environs de Buenos Aires. Borges (1899-1964) avait remarqué les qualités de son cadet, Bioy Casares 1914-1999), qui ne s'est fait connaître qu'en publiant en 1940, d'ailleurs préfacé par Borges. D'abord, ils écrivent des articles dans la revue Sur entre 1935 et 1936, Deux ans plus tard voir le jour Six problèmes pour don Isidoro Parodi, Ouvrage écrit ensemble et qui est signé du nom joint de leurs bisaïeuls respectifs formant H. Bustos Domecq. Les ouvrages se succèdent rapidement : déjà en 1946 est sorti de presse Deux fantaisies mémorables, suivi-d'un nouveau personnage, auteur de romans policiers, Suàrez Lynch, crédité de La Maladie pour la mort.Et cette production commune va continuer jusqu'en 1967 avec la publication des Nouveaux Contes de Bustos Domecq. Le nombre des nouvelles engendrées par cette méthode est considérable. Et i y eut aussi des prolongements avec la fondation d'une revue (Destiempo) et de plusieurs anthologies. Une préface remarquable Mohamed Moughar Sarr nous introduit avec art à ce corpus qui est un rêve pour tout lettré.
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Gérard-Georges Lemaire 12-03-2026 |
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