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[Visuel-News]
29-01-2026
La chronique de Pierre Corcos États de la scène La chronique de Gérard-Georges Lemaire Chronique d'un bibliomane mélancolique
La chronique de Gérard-Georges Lemaire |
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| Chronique d'un bibliomane mélancolique |
 Suite, Ariel Soulé, Flaminio Gualdoni, Living Art Gallery, Milan.
Ariel Soulé, La visita, Stefano Cortina, Cortina Art Edizioni, Milan.
Ariel Soulé est né en 1952 à Buenos Aires. De se jeunes années, il est plutôt assez peu bavard, mais il reconnaît avoir des dispositions artistiques qui l'ont amené à entrer dans l'Instituto Directores de Arte de sa ville natale en 1959. Il se rend en Europe et s'installe à Barcelone en 1967. Il y fréquente la Escuola Massana de Arte où il découvre les différentes théories de la couleur, de Goethe à Itten. Il va vivre en Italie pendant les années soixante-dix. Il fréquente l'Accademia di Belle Arti de Brera à Milan. Il étudie surtout l'art du Rinascimento et fait un voyage en Toscane pour y découvrir ses chefs-d'oeuvre.
C'est à ce moment qu'il commence à découvrir la forme et l'esprit de sa peinture. Il a sa première exposition personnelle à la galerie Eidon de Milan en 1975. En 1982, il reçoit le prix de la Fondation Michetti à Francavilla Mare et participe à une exposition qui est présentée au Grand Palais à Paris. Par la suite, il expose à Berlin et à New York. En 1980, il est chargé de transformer un le réseau souterrain du métropolitain de Rome en la plus grande salle d'exposition du monde baptisé « Underground ». Il expose au Palazzo dei Diamanti à Ferrare en 1992, puis au musée des beaux-arts de Gallarate deux ans plus tard.
Il collabore à plusieurs reprises avec le sculpteur américain Simon Toparovsky. Plusieurs expositions seront le fruit de cette collaboration. La création de La colonne infâme est exposée dans de nombreux lieu, en particulier en Russie. La suite « La visita » est composée de treize scènes peintes pour la Living Art Gallery. En 2004, il expose à l'université de Californie et à la Reggia de Caserte. Il expose régulièrement et ne cesse de faire évoluer ses travaux sans jamais s'écarter d'un schéma porteur originel. Ce qui distingue en premier lieu la recherche esthétique d'Ariel Soulé, c'est de se situer à mi-chemin entre la figuration et l'abstraction. Les figures persistent, mais dans un cosmos qui n'est pas du domaine de la réalité. En sorte que leur histoire se dilate dans l'espace du tableau et se fait troublante. Mais ce qui est le plus bouleversant, ce n'est pas ce que l'oeil perçoit, mais plutôt la mise en scène des figures qui doivent sans nul doute entretenir des relations intimes, mais que notre esprit n'est pas en mesure de comprendre.
Sans qu'il n'y ait rien de dissimuler, on a tout de même l'impression que l'artiste nous cache quelque chose ou alors qu'il veut nous contraindre à percevoir sa composition d'une autre manière. Les couleurs jouent aussi un rôle déterminant dans ce spectacle qui ne paraît pas, à première vue, une machine à produire des fantasmes, mais qui, en fin de compte, s'impose comme un mystère - nous avons tous les éléments sous les yeux, mais pas la clef qui autorise une quelconque interprétation. C'est d'une grande subtilité et, aussi, une quête picturale des plus curieuses. La méthode de travail change d'une série de toiles à l'autre, mais pas ses fondements et sa stratégie. Ou alors il ajoute une autre composante, comme c'est le cas dans « Suite » où chaque création est associée au développement d'une rencontre entre un homme et une femme. Ariel Soulé est un peintre à connaître, à apprécier et à déchiffrer.
 Viva Gino ! Une vie dans l'art, collectif, Les Abattoirs, Toulouse, Mudima
En 2020, une grande exposition est dédiée aux Abattoirs de Toulouse à Gino Di Maggio. Né en 1940 à Novara di Sicilia sur les monts Peloriani. Il se retrouve neuf ans plus tard à Milan avec sa famille. Neuf ans plus tard, il s'est retrouvé à Milan avec sa famille. Il a fait ses études à l'Istituto tecnico Feltrinelli. Il y est diplômé en 1959. Cette même année, il visite l'Union Soviétique et découvre Léningrad. C'est l'ancienne capitale tsariste qu'il découvre le futurisme italien, qu'il a étudié de près et qu'il va exposer et documenter des événements et des publications. Sept ans plus tard, il s'inscrit à la Fédération des jeunes communistes.
De retour en Italie, il fait a connaissance de Sergio Dangelo, co-fondateur du mouvement nucléaire avec Enrico Baj, de Pierre Restany, l'inventeur du Nouveau Réalisme, et d'Arturo Schwartz, grand connaisseur des avant-gardes du XXe siècle et poète. Sa galerie lui permet de connaître tous ces mouvements qui ont marqué l'histoire de l'art au XXe siècle, faisant en ce lieu une moisson de connaissance sur Dada, le surréalisme, Marcel Duchamp et bien d'autres choses. Il fait alors la connaissance de Ben Vautier, de Wolf Vostell, de Daniel Spoerri, avec qui il se lie d'amitié et aussi voit en lui un maître pour comprendre l'art moderne. Il commence à organiser des expositions et à produire des catalogues. Avec la création de la Fondation Mudima en 1982, il ne cesse de multiplier ses activités et en fait le centre de l'activité culturelle à Milan. En fait, il donne à la capitale lombarde un lieu où avoir une relation directe avec l'actualité artistique et aussi son passé parfois négligé. Cette fondation est désormais comme un musée dont témoigne le nombre impressionnant de publications associées à des expositions. Quant à l'exposition, elle rend hommage à cette figure qui a joué un rôle de premier plan dans la culture italienne de ces dernières décennies et qui donné à sa ville d'adoption une place éminente dans l'histoire de l'art contemporain.
Ce qui frappe le plus dans cet ouvrage copieux, c'est qu'il rend compte de l'originalité et de la richesse inouïe de l'installation des oeuvres, qui est à la fois ludique et exhaustive. Ce n'est pas un passage en revue des oeuvres et des groupes qui sont allés jusqu'au terme de la radicalité en termes d'esthétique et de conduite artistique. L'exposition est en elle-même une oeuvre en soi tout en soulignant les grandes orientations du goût de Gino di Maggio, grand maître initiateur de l'art actuel et de l'art du début du siècle précédent dans la Milan de l'architecture, de la mode et du design.
 Asina Pazza, Storie di Sicilia, Angela Passarello, illustrations de Coca Frigerio, Mudima
La fondation Mudima de Milan a publié un grand nombre de catalogues et de monographies d'artistes. Mais la littérature, à de rares exceptions près, ne fait pas partie de ses priorités éditoriales. Ce livre composé de petites nouvelles interroge, cela va sans dire. Il ne faut pas oublier que son fondateur, Gino Di Maggio est sicilien et il l'est profondément, même si sa vaste culture embrasse toutes les régions de l'Italie et aussi une grande partie du monde, y compris l'Extrême Orient. C'est sans nul doute parce qu'il a fait résonner en son for intérieur des réminiscences lointaines et aussi un attachement pour tout ce qui concerne le monde insulaire qui lui a donné le jour. Sont réunis ici de petits moments d'existence révélateurs d'événements qui se sont déroulés dans le passé, mais qui aussi mettent en relief des mentalités et des manières de percevoir le monde qui sont caractéristiques de ceux qui ont vécu sur ce grand territoire où se sont depuis des siècles confondus des origines, des langues, des arts de vivre, qui a toujours mêlé beauté et misère. Ce qui unit ces brèves nouvelles, c'est non seulement une écriture, mais aussi un état d'esprit.
Ces histoires sont placées à l'enseigne de l'imaginaire qui a pour utilité de rendre supportable la dure réalité de ce cosmos qui ne se distingue pas par la douceur de ses moeurs et la charité de son histoire au fil des siècles. Alors que le raffinement, le style, le sens des saveurs hédonistes en fait une civilisation accomplie dont on ne peut que saluer l'incroyable accomplissement (toutes ces diversités qui ne forment plus qu'une entité merveilleuse, il est impossible de ne pas voir la dureté et même l'âpreté qui sous-tendent sa réalité. Narrée avec un fil narratif très subtile et très rapide, toutes ces nouvelles ont pour objet, au-delà de l'anecdote proprement dite qui en est la substance, fait sentir au lecteur ce qui se trame dans l'esprit des protagonistes. Ici, rien de dramatique, mais toujours cette impression de toucher un épiderme rocailleux et des sentiments confondants. L'auteur, avec concision et un véritable sens de l'ellipse, a très bien sur restituer le suc de chacun de ces récits qui nous introduisent dans une mentalité qui ne peut s'épanouir pleinement que dans ce contexte si étrange.
Bien sûr, nous sommes bien loin des drames de Luigi Pirandello et des mines de soufre de l'entreprise familiale. Nous sommes encore plus loin de Giovanni Verga et des protagonistes du naturalisme qui a été l'apanage de la littérature sicilienne à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. La linéarité et la simplicité du style d'Angela Passarello se manifestent et se déploient sur un arrière-plan assez complexe. Tout un chacun pourra se délecter de toutes ces narrations où la banalité du quotidien est sans cesse dérouté par une mentalité secrète et déroutante - en diable, ajouterais-je.
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Gérard-Georges Lemaire 29-01-2026 |
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